Père de l’Eglise et Docteur de l’Eglise, quelle différence ?

Peres de l'Eglise

Dans l’Eglise, il est des personnes, animées d’une foi profonde, dont les réflexions et les écrits, tout en enrichissant la foi des Chrétiens, contribuent grandement à faire rayonner l’Eglise. Il faut rappeler que leurs enseignements ne sont pas des dogmes  à proprement parler, mais ils sont d’une justesse incontestable, si bien qu’ils sont devenus partie intégrante de l’enseignement de l’Église. Ils sont considérés par la postérité comme les pères fondateurs de la doctrine chrétienne. Ces personnes-là, l’Eglise les confère le titre de Père ou de Docteur. Comment les distinguer ?

 La distinction est d’abord d’ordre chronologique : Les Pères de l'Église sont des docteurs de l’Eglise primitive et dont les écrits font règle en matière de foi. Ils ont vécu du IIe depuis après les Apôtres  jusqu’ au plus tard jusqu’au XIIe siècle. Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) est le dernier des Pères. On compte 61 Pères de l’Église jusqu’en l’an 450, puis 10 après cette date. Aucune femme ne figure parmi eux. Il existe enfin des Pères de l’Église propre aux orthodoxes, d’autres aux catholiques, et d’autres encore à l’Église d’Orient.

Ensuite, viennent les Docteurs. Ils sont peu nombreux. Ce titre a été créé officiellement en 1295 par le Pape Boniface VIII pour conférer une dignité particulière à quatre Pères de l'Église latine : (Augustin d'Hippone - Ambroise de Milan - Jérôme - Grégoire Ier ).

L’Eglise compte jusqu’à date 36 : 32 sont des hommes ; 4 sont des femmes : 3 religieuses et 1 laïque :

-         Thérèse d'Avila (1515–1582) - carmélite, première femme proclamée docteur de l'Église le 4 octobre 1970 par Paul VI

-         Catherine de Sienne (1347–1380) : tertiaire dominicaine, proclamation le 4 octobre 1970 par Paul VI.

-         Thérèse de Lisieux (1873–1897) ou Thérèse de l'Enfant-Jésus - carmélite, proclamation le 19 octobre 1997 par Jean-Paul II.

-         Sainte Hildegarde de Bingen : 4e femme docteur de l'Eglise, proclamée en 2012 par Benoit XVI ; Maîtresse en théologie, experte en sciences naturelles et en musique.

2 sont papes ; 3 sont cardinaux ; 10 sont évêques ; 4 sont patriarches ; 14 sont religieux ; 1 est diacre.

 

Les docteurs sont généralement des figures plus récentes dans l’Histoire, mais rien n’interdit à l’Église d’attribuer ce titre à des personnalités de toutes les époques. Au-delà de leurs œuvres théologiques, philosophiques ou littéraires, ce sont aussi des âmes consacrées à Dieu : tous sont saints ; on compte :

  1.  Augustin d'Hippone (354-430), évêque
  2. Ambroise de Milan (339-394), évêque
  3. Jérôme (vers 347-420), moine et bibliste
  4. Grégoire Ier dit le Grand (540-604), pape.
  5. Athanase d'Alexandrie (vers 296-373), patriarche
  6. Basile de Césarée, dit le Grand (330-379), évêque
  7. Grégoire de Nazianze, dit Grégoire le Théologien (329-390), évêque
  8. Jean Chrysostome (345-407), patriarche
  9. Thomas d'Aquin (1225–1274), religieux dominicain, appelé « Docteur commun », « docteur des docteurs » ou « docteur angélique ».
  10. Bonaventure de Bagnorea (1221–1274), religieux franciscain, cardinal, appelé « Docteur séraphique »
  11. Anselme de Cantorbéry (1033-1109) – 1720, évêque, appelé « Docteur magnifique »
  12. Isidore de Séville (vers 560–636) - 1722, évêque
  13.  Pierre Chrysologue (vers 380-450) – 1729, évêque
  14. Léon Ier dit le Grand (406-461) – 1754, pape
  15. Pierre Damien (vers 1007–1072) - 1828cardinal, religieux camaldule
  16. Bernard de Clairvaux (1090–1153) - 1830, moine cistercien, appelé « Docteur savoureux »
  17. Hilaire de Poitiers (315–367) - 1851évêque
  18. Alphonse de Liguori (1696–1787) - 1871, évêque, docteur en morale
  19. François de Sales (1567–1622) - 1877, évêque, appelé « Docteur de l'amour »
  20. Cyrille d'Alexandrie (vers 380–444) - 1883, patriarche
  21. Cyrille de Jérusalem (?–387) - 1883, patriarche
  22. Jean Damascène (vers 675–vers 749) - 1883, moine
  23. Bède le Vénérable (672/3–735) - 1899, moine
  24. Éphrem le Syrien (306–373) - 1920diacre
  25. Pierre Canisius (1521–1597) - 1925jésuite, auteur d'un populaire catéchisme
  26. Jean de la Croix (1542–1591) - 1926carme, appelé « Docteur mystique »
  27. Robert Bellarmin (1542–1621) - 1931 jésuite et cardinal,
  28. Albert le Grand (vers 1193–1280) - 1931dominicain, appelé « Docteur universel »
  29. Antoine de Padoue (vers 1195–1231) - franciscain, appelé « Docteur évangélique », proclamation le 16 janvier 1946 par Pie XII.
  30. Laurent de Brindisi (1559–1619) - capucin, appelé « Docteur apostolique », proclamation le 19 mars 1959 par Jean XXIII.
  31. Thérèse d'Avila (1515–1582) - carmélite, première femme proclamée docteur de l'Église le 4 octobre 1970 par Paul VI,
  32. Catherine de Sienne (1347–1380) - 1970 tertiaire dominicaine, proclamation le 4 octobre 1970 par Paul VI.
  33. Thérèse de Lisieux (1873–1897) ou Thérèse de l'Enfant-Jésus - carmélite, proclamation le 19 octobre 1997 par Jean-Paul II.
  34. Jean d'Avila (1499–1569 ) proclamation le 7 octobre 2012 par Benoît XVI
  35. Hildegarde de Bingen (1098–1179) proclamation le 7 octobre 2012 par Benoît XVI
  36. Grégoire de Narek (951–1003) proclamation le 12 avril 2015 par François

 

Pères de l’Eglise qui sont également Docteurs de l’Eglise

Ils sont 14 à posséder les deux titres : saint Cyrille de Jérusalem, saint Athanase d’Alexandrie, saint Ambroise de Milan, saint Basile de Césarée, saint Grégoire de Nazianze, saint Jean Chrysostome, saint Cyrille d’Alexandrie, saint Jérôme, saint Augustin d’Hippone, saint Léon le Grand, saint Jean Damascène, saint Grégoire le Grand, saint Isidore de Séville et saint Bernard de Clairvaux.

Il faut rappeler que même si deux Papes ont historiquement reçu le titre de Docteurs de l'Église, la thèse qui semble prévaloir, défendue notamment par le cardinal Umberto Betti, est de ne plus leur attribuer ce titre. En effet, selon la présentation du jésuite Giandomenico Mucci, « Il paraît problématique d'attribuer le titre de docteur de l'Église universelle à un saint qui a été pontife romain. En effet les documents de son magistère font autorité non pas du fait de la eminens doctrina qu'il possède comme don de grâce personnel, mais en vertu de la charge qui a fait de lui le suprême pasteur et docteur de tous les fidèles ».

 

 

Sources :

  1. Berthold Altaner, Précis de Patrologie, Salvator, Toulouse, 1961.
  2. Johannes Quasten, Initiation aux Pères de l'Église, 3 vol., Cerf, Paris, 1962.
  3. eglise.catholique.fr
  4. fr.aleteia.org
  5. fr.zenit.org