5e Dimanche TOA
Matthieu 5,13-16
À la gloire du Père céleste

 

Sel de la terre et lumiere du monde

A l’instar de Moïse, le grand serviteur de Dieu qui a gravi le Sinaï pour recevoir et publier à tout Israël les Lois et les Décisions du Seigneur (Ex 19), aujourd'hui le Verbe-fait-chair, gravissant le mont des Béatitudes, continue à enseigner la Loi nouvelle et définitive aux disciples de tous les temps adoptant librement Son programme.

En effet, après nous avoir concrètement montré la voie à suivre, faite de pauvreté de cœur, de douceur, de la faim et de la soif de la justice, de miséricorde, de pureté de cœur, de paix, d’acceptation patiente des persécutions, de l'annonce de l’amour de Dieu par l’exercice de la charité, le Christ nous étiquète de « sel de la terre et lumière du monde ».

« Sel de la terre et lumière du monde » ? Moi, Seigneur ? Demandons-nous, peut-être, chacun personnellement… Mais quel point commun y a-t-il entre ces deux éléments auxquels Tu me compares ? Pourquoi moi?  Et au Seigneur de répondre : « Je te compare au sel et à la lumière, parce qu’ils sont des éléments révélateurs : le sel met en valeur la saveur des aliments, la lumière fait connaître la beauté des êtres et du monde. Mais pourquoi Me le demandes-tu à nouveau, puisque Mon serviteur, Jean-Paul II, te l’a déjà dit lors des JMJ de 2002 (Toronto) et dans son Message pour les JMJ de 2012?

 « Par le baptême, t'avait-t-il dit, tout notre être a été profondément transformé, parce qu’il a été ‘’assaisonné’’ par la vie nouvelle qui vient du Christ. Le sel, grâce auquel l’identité chrétienne ne se dénature pas, même dans un environnement fortement sécularisé, est la grâce baptismale qui nous a régénérés, nous faisant vivre dans le Christ et nous rendant capables de répondre à Son appel pour ‘’offrir notre personne et notre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu’’ (Rm 12). Pendant longtemps, le sel a aussi été le moyen habituellement utilisé pour conserver les aliments. Comme « sel de la terre », vous êtes appelés à conserver la foi que vous avez reçue et à la transmettre intacte aux autres. »

« Vous êtes la lumière du monde, continuait-il par ailleurs, il vous appartient d’être les sentinelles du matin (Is 21) qui annoncent l’arrivée du Soleil qui est le Christ ressuscité. Que l’Évangile soit le grand critère qui guide les choix et les orientations de votre vie ! Vous deviendrez ainsi des missionnaires par vos gestes et vos paroles et là où vous travaillez et où vous vivez, vous serez des signes de l’amour de Dieu, des témoins crédibles de la présence amoureuse du Christ ! »

« Oui, tu n’es pas la lumière ; elle n’est donc pas venue de toi, mais de Moi. Depuis ton baptême, tu étais devenu-e une sorte de panneau solaire. Tu M’avais reçu, Moi la vraie Lumière du monde, pour que tu Me transformes en énergies vivantes, afin que tu recharges les batteries de foi mortes, et cela, partout où tu passes.

« Oui, dans un monde qui pense être libre, mais pourtant en pannes de repères, aveuglé par l’égoïsme, la cupidité, la course effrénée du matériel, l’individualisme, la mondanité sous toutes ses formes; un monde rempli de fausses pistes, avec ses progrès mal-orientés, tu es ce sel qui y ajouterait un peu de goût.

« Tu es lumière du monde. Tu es là pour valoriser la beauté de l’univers. Oui, tu n’existes pas pour toi-même ; tu es sel de… la terre et lumière… du monde. Ce sont eux, la terre et le monde, qui comptent en premier. Tu comptes, toi aussi, mais ce n’est que par rapport à la terre et au monde. Si Je t’étiquète ainsi, ce n’est que pour t’inviter à te réveiller de ton somnolence spirituelle et te mettre en situation missionnaire. Je ne te demande pas de changer le monde, mais de lui donner un peu de saveur, de chaleur et de lumière. Si je t’ai choisi-e, ce n’est pas que tu sois meilleur-e que les autres, mais parce que tu avais reçu un Trésor qui ne vient pas de toi évidemment, et que Je sais tu auras la joie de partager. Ce trésor, c’est Mon Evangile.

Oui, à un monde de dérision, bouleversé, troublé, tant par la guerre que par des maladies, tant par la pauvreté que par des épidémies, tant par l’inquiétude que par le désespoir, tant par la souffrance que par la violence, tant par la faim que par l’irruption d’étranges virus, tant par la jalousie que par des querelles intestines, je t’invite à te lever, sel et lumière que tu es, pour aller à la rencontre des autres pour leur redonner l’espérance, les faire entendre des mots de paix. Je t’invite à assaisonner cette terre de bienveillance et d’amabilité, à lui redonner du goût et y apporter un peu de chaleur, de fraternité et d’amour, et cela, partout où tu es.

« Lève-toi et marche ; et montre à ton entourage ce que tu es : sel pour un monde trop fade et sans saveur. Si tu ne peux pas être n’est-ce qu’une petite lumière pour éclairer les ténèbres de toutes sortes, tu es utile à rien. Le baptisé «caméléon», qui adopte toutes les modes et toutes les mentalités de l’heure, qui prend la couleur de son milieu de vie, n'a plus aucune utilité : montre en quoi tu es différent-e !

« Si tu t’affadis et que tu deviennes incolore, inodore, sans saveur, comment pourras-tu donner du goût et de la lumière à ton monde ? Deviens un peu différent de lui. Reconnais, ô baptisé-e, ce que tu es : « sel et lumière », et agis en conséquence. Arrête d’être un/e chrétien-ne insignifiant-e. Sois chaud ou froid, sinon si tu es tiède, je te vomirai de Ma bouche» (Apocalypse 3, 15‑16). Ne me demande pas ce que tu dois faire. Isaïe, mon prophète, te l’a déjà dit (58,7-10):

« Mets-toi au service de ton prochain, partage le pain ou les vêtements, fais tomber tous les obstacles qui privent ton prochain de sa liberté. Sois une personne de bien ; c’est-à-dire, partage tes richesses de toutes sortes à pleines mains. Vis l’esprit des Béatitudes : vis exactement à l’opposé de l’esprit du monde : accepte de vivre selon des valeurs d’humilité, de douceur, de pureté, de justice ; sois un artisan de paix en toute circonstance, et accepte d’être pauvre et démuni-e… voilà comment faire lever ta lumière dans les ténèbres et faire tes nuits devenir  lumière de midi : ce n’est qu’à travers des paroles et des gestes d’amour qu'ils découvriront sur eux le projet de paix et de justice de mon Père, et qu'ils Lui rendront gloire.

« Sel et lumière, tu peux l’être de deux façons : As-tu jamais remarqué le sel dans ton mets ?  Mais tu le goûtes! Tu le savoures ! Tu peux donc agir « sans te laisser voir », dans la discrétion, dans l’anonymat. Tu connais mon enseignement à propos de la main droite et celle gauche (Mt 6,3-4 : Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite quand elle donne aux pauvres ; ainsi ton aumône restera chose secrète, et ton Père qui voit dans le secret te le rendra)…

Mais étant lumière, tu ne peux pas te cacher : tu peux être un Polycarpe de Smyrne, une Délia Tétreault, un François d’Assise, une Mère Theresa, un Diacre Laurent, une reine Elisabeth de Portugal, un Maximilien Kolbe, une Marie-Dominique Mazzarello, un Curé d’Ars, une Marthe Robin, un Jean-Paul II, une K. Lanh, un Frantz Colimon, une Agnès, une Perpétue ou une Félicité, une petite Thérèse de Jésus, un Benoit XVI, une Thamy Thesun D. Phagare, un Dominique Savio, un Martin Luther King, une Jeanne d’Arc, un Don Bosco, une Thérèse d’Avila, un Ignace d’Antioche… Deviens ce que tu es. Tu peux être sur « le lampadaire » ; afin que tout le monde puisse voir ta lumière.

Par contre, il y a un danger que tu dois éviter : trop de sel dénature le goût des aliments et les rend immangeables ; une lumière trop vive écrase ceux qu'elle veut éclairer. Elle peut provoquer des catastrophes. Pour être sel et lumière, il faut d'abord aimer. C'est indispensable ; la condition sine qua non. Il te faut être discret-e et humble. Car l’évangélisation ne se fait pas par prosélytisme, mais par attraction.

En dernier lieu, n’oublie jamais que tu n’agis pas pour ta gloire personnelle, ni celle de ton pays, ni celle de ta paroisse, ni celle de ta communauté, ni celle de l’Eglise, ni celle de ta famille ou tes amis, mais c’est toujours et uniquement pour la gloire de notre Père qui est dans les cieux. Et si tu entends Ma voix, ne ferme pas ton cœur !