Nativité du Seigneur
Luc 2,1-14
Car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

 

Nativite dessin

Nous célébrons en cette nuit une merveille. Mais malheureusement, nous vivons dans une époque où la plupart des gens oublient le sens fondamental de la Noël. Il sera facile de deviner la réponse des enfants à qui l’on demande « Quel est le personnage principal de cette fête ? ». Beaucoup vont penser à leurs bienfaiteurs en cadeaux. Mais comment leur reprocher si personne ne leur en avait vraiment expliqué ?

Le seul Bienfaiteur de la fête de Noël en réalité Dieu. C’est Lui qui offre aux hommes le seul vrai et le plus beaux des Cadeaux. Il a « tellement aimé le monde, qu’Il lui a donné son Fils unique, son Amour offert à tous qui est né en cette nuit. Voilà pourquoi cette nuit est une nuit de gloire et de joie.

Une nuit de gloire parce qu’à son cours, le peuple qui marchait dans les ténèbres ont vu une grande Lumière. Dieu a illuminé cette nuit très sainte de la splendeur du Christ, la Vraie lumière du monde.

Une nuit de joie, parce que c’est l’anniversaire du jour, où pour la première fois, le chant du Gloria, sous le son de la trompette, a été retenti par les Anges eux-mêmes : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux ! Et paix sur terre aux hommes qu’il aime ! ». C’est une nuit de joie parce que, comme l’écrit saint Tite (2,11)  « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ». C’est une nuit de joie parce que, depuis cette nuit et pour toujours, Dieu, l’Eternel, l’Infini, est Dieu-avec-nous. Il S’humanise pour nous diviniser.

Oui, le Tout-Autre n’est plus lointain. Cessons donc de Le chercher là où Il n’est pas : Il S’est fait Homme et a habité parmi nous pour ne jamais Se détacher de notre humanité. C’est ce que l’Eglise ne cesse pas de nous inviter à célébrer, comme l’ont fait les anges aux bergers de Bethléem qui, en toute vitesse, ont couru vers l’étable pour « trouver le Nouveau-Né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12). C’est le signe de toujours pour trouver Jésus.

Avec ce signe, l’Evangile nous dévoile un paradoxe : il parle des Grands de ce temps et de leur palais où il y a de succulents repas. Mais Dieu ne Se fait pas présent là ; il n’apparaît pas dans la salle noble d’un palais royal, mais dans la pauvreté d’une étable ; non dans les fastes de l’apparence, mais dans la simplicité de la vie ; non dans le pouvoir, mais dans une petitesse qui surprend. Alors, aux chercheurs de l’Emmanuel, quelles sont les nouvelles étables vers quoi vous courrez pour trouver Jésus ? Et à quels signes vous laissez-vous Le reconnaitre ?

Il faut premièrement aller à Bethléem dont le nom signifie « la maison du pain ». Ce Jésus qui est déposé dans une mangeoire pour animaux à la « Maison du Pain » Se présentera plus tard comme « le Pain vivant venu du ciel », un pain qu’il faut manger pour avoir la vie. C’est déjà une annonce de l’Eucharistie, de ce cadeau que Dieu nous fait pour nous faire vivre de Sa vie et de Son amour. Mais il ne faut pas en rester là. Le Seigneur veut Lui-même nous dire où Il est :

« Mon frère, ma sœur, Je ne Suis pas seulement du côté des Ostensoirs. Je suis en Haïti, en Angola, en Chine, au Vietnam, en Mongolie, en Palestine, au Lybie, en Ethiopie, en Amérique et dans tous les continents, à Conacrie, en Algérie au Liban, en Irak où on ne peut célébrer cette année la Noël… Je suis partout où les enfants sont victimes de guerre et sont en train de mourir de faim et de froid, alors que dans de nouveaux palais royaux, de nouveaux Hérode ne cessent de se festoyer au-delà de leurs besoins. Je suis dans ces enfants privés de santé, de sourire, ne sachant pas vraiment ce que veut dire le mot « Joyeux »…

Je suis tous ces enfants qui ne peuvent pas être couchés dans un berceau et caressés. Je suis dans ton petit voisin, ta petite voisine qui a tant besoin de ton pain, mais devant qui tu passes avec indifférence. Je suis dans tous ceux qui sont maltraités, abusés, marginalisés à cause de leur privation et leur faiblesse. Je suis dans tous les jeunes dont on dit « espoir de demain », mais qui n’ont plus espoir eux-mêmes dans leur lendemain. Je suis dans tous les endroits où, à cause de l’égoïsme avancé de certains dirigeants, les enfants sont encore privés de joie et d’un avenir certain ; car pas d’école, pas de programme sérieux pour leur épanouissement et leurs parents ne peuvent jouir de leur droit du travail.

Quant à toi, Je t’attends. Ne dites pas que tu n’as pas d’assez force, parce que Moi, le Roi des rois, j’étais moi aussi dans une mangeoire à Bethléem. Mes premiers visiteurs étaient un âne et un bœuf entre qui j’étais couché, puis les pauvres bergers et leurs moutons. J’ai beaucoup souffert. Viens donc vers moi avec toutes tes souffrances ; apporte tout ce qu’il y a de méchant et de cassé dans ta vie : les mensonges, les calomnies, les cruautés, les humiliations, les trahisons, les lâchetés… J’ai pris ton humanité pour te faire participer à Ma Divinité. Confie-Moi toutes tes parts d’ombre et de désespoir. Et aie la ferme certitude que je te remettrai sur la voie du Salut, dans la joie et la paix.

Aujourd’hui, si tu entends la voix du Seigneur, ne ferme pas ton cœur ! (Hébreux 3,7-8)

 

Je vous souhaite un joyeux Noël!
Puissiez-vous bénéficier de toutes les grâces et bénédictions que l’Enfant de Bethleem nous apporte.

 

Père Emmanuel Fénélus
Diocèse de Fort-Liberté
Haïti