33e Dimanche TOC
Luc 21.5–19

message tel

Nous vivons dans une époque qui, plus que jamais, effectue de grandes réalisations comme l’internet, la technologie. Des réalisations qui toutefois ne sont pas sans effets néfastes puisque le téléphone – à titre d’exemple - est parfois, à cause d’une mauvaise utilisation, source d’importants dégâts à peine imaginés : dislocation des familles, distance entre les gens. Il est parfois le canal où passent notre hypocrisie et notre indifférence… Avant 2010, par exemple, une maison en train d’être incendiée, une personne accidentée jouirait de l’aide de tous les premiers témoins. Maintenant il y a, pour ainsi dire, un renversement d’attitude : une personne en train de se noyer serait 70x7 fois prise en photo avant de recevoir un coup de mains.

Par ailleurs, il est aussi vrai - il faut le reconnaitre- que la technologie nous rend de grands services. Nous savons tous ce dont un téléphone intelligent (Smartphone) peut faire : il favorise de nouveaux liens, nous tient informés, rapprochés en dépit des distances ; on peut y faire des recherches, des achats, des transactions, conserver des informations, partager des idées. On peut aussi s’y trouver une distraction. Le téléphone peut être aussi un haut lieu d’évangélisation. Il nous tient connectés de par plusieurs moyens. Mais de tous, il semble que l’envoi des sms paraisse le plus excitant.

En parlant d’sms, il parait que, si je peux le dire ainsi, le Seigneur, Lui aussi, S’y intéresse. Et en ce 33e Dimanche TOC, l’sms qu’Il nous envoie est en fait une invitation à revérifier ce sur quoi nous misons notre vie, à rester attentifs sur ce qui est vraiment important. Il le dit clairement : « Des jours viendront où il ne restera pas pierre sur pierre. Tout sera détruit ».

Ce moment sera l’heure à laquelle toutes les injustices, les corruptions, les méchancetés de l’histoire seront rectifiées une fois pour toutes. Ce moment, les Apôtres voulaient le savoir. Nous aussi, nous sommes très curieux. Voilà pourquoi notre question rejoint la leur et, avec eux, nous demandons à Jésus : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? »

Mais le Christ ne nous répond pas directement. C’est Son style, et nous le savons tous. Il préfère donner la trame des événements qui vont se succéder tout au long de la période finale de l’histoire humaine, ceux dont nous n’arrêtons pas de vivre ou d’entendre parler ; bref, des signes avant-coureur : soulèvements, inondations, viols, tremblements de terre, tsunamis, ouragans, famines, épidémies, pollutions de toutes sortes, tempêtes, typhons, persécutions, trahisons, attentats, terrorisme, enlèvements, suicides, meurtres, terribles guerres, abus sexuels, discriminations raciales, apartheid, campagnes de haine, réussite des méchants… des choses qu’aucun d’entre nous ne désirerait.

Au milieu de tous ces désastres naturels et humains, le Christ annonce aussi un désastre plus important : la venue des faux prophètes dont leur boulot consiste à tromper, comme satan leur père. Je me souviens des jours d’avant l’an 2000, les innombrables charlatans qui s’étaient levés. Récemment, certains ont même donné la date de la fin du monde (21-12-2012). Oui, devant ces scénarios de peur et de terreur, beaucoup de gens ont malheureusement tendance à se jeter dans les bras de ces sauveurs de pacotille qui pensent avoir  la solution à tous leurs problèmes, qui auraient « Dieu » dans leur poche…

Prenez garde, nous dit Jésus. Ne vous laissez pas leurrer par ces faux messies, ces annonciateurs de fin du monde dont ils connaîtraient la date, rassemblant dans des sectes de purs et de parfaits, ceux et celles qui échapperaient ainsi à la colère divine… Ne marchez pas derrière eux, nous répète Jésus, « le Messie crucifié, le même, hier et aujourd’hui, et pour tous les siècles. Ne vous laissez pas égarer par les doctrines diverses et étrangères » (Hébreux 13,8-9). Ne permettez pas qu’ils vous manipulent en utilisant la peur et en promettant toutes sortes de « paradis bidons », et ainsi font leur capitale économique.

En lisant le texte de ce Dimanche, nous pourrions avoir l’impression que le Seigneur nous laisse une image sombre, triste, pessimiste des derniers jours. Non. Bien au contraire, c’est fondamentalement une invitation à conserver l’espérance qui est en nous, à mieux persévérer. C’est, pour faire bref, une invitation à ne pas nous laisser dominer par l’angoisse et par la terreur. Car le jour du Seigneur ne sera pas un jour de colère.

Oui, le jour du Seigneur, ce ne sera pas le « Dies ira, Dies irae » comme le chante Quasimodo (les Cloches, Notre-Dame de Paris). Ce ne sera pas un jour de frayeur et de condamnation, tel que nous avons encore coutume de le chanter dans la partie « Absoute / Libera » lors de funérailles (Nan dat sa, ni le syèl ni latè, dènye bagay ape boulvèse : tout kreyati ape tèt anba… Mwen santi m ape tranble e lapè fè mwen pa sa kanpe. Lè m sonje w ape vin eksplike m, lè m sonje kalite fache ou gen pou w fache… / Délivrez-moi, Seigneur, de la mort éternelle, en ce jour redoutable, quand les cieux seront ébranlés avec la terre : lorsque vous viendrez juger le monde par le feu. Je suis devenu tremblant et je crains l’examen qui vient, et la vengeance qui suivra... Ce jour sera un jour de colère, de calamite et de misère, plein d’amertume, lorsque vous viendrez juger le monde par le feu.) Ce ne sera pas ça. C’est au contraire un jour que tout authentique chrétien devrait attendre avec joie et sérénité.

Mes sœurs, mes frères,

Si le Seigneur nous parle de la fin du monde, c’est pour nous rassurer et nous inviter à replacer le temps qui nous est donné dans sa juste perspective. Ce temps est un cadeau de Dieu que nous devons utiliser le mieux possible. Car le Chrétien n’est pas comme un sonneur de cloche, avec sa montre en main, veillant le moment de claironner ; mais quelqu’un qui est toujours en état de veille, prêt à accueillir le Seigneur, quelle que soit l’heure de son retour. Donc au lieu des craintes stériles, engageons-nous avec courage pour la promotion de la vie et de la dignité de la personne humaine, pour la paix, pour le respect de la nature…

Cet engagement est le fruit d’une question de fond : quelle est ma plus grande assurance ? Qu’est-ce qui compte le plus pour moi ? Pas en théorie, mais réellement. Ce qui nous parait un peu difficile, le Christ Se présente devant chacun de nous pour nous aider à le découvrir dans les choix que nous faisons, dans ce à quoi nous donnons priorité, dans ce que nous valorisons ou méprisons, dans nos commentaires et nos jugements. Cherchons-nous à nous construire un paradis éphémère, parce que simplement terrestre ? Cherchons-nous une sécurité passagère et illusoire au sein de laquelle nous penserions cacher nos peurs ?

Le Christ est là. Il Se présente à nous et nous dit, chacun personnellement : « Ne crains pas ! Je suis avec toi. Je sais comment t’aider à transcender les crises, les difficultés, les moments durs. Dès avant ta conception, en passant pat ton baptême, J’étais avec toi ; c’est toi qui as abandonné ton premier Amour (Apocalypse 2,4).  Mais, en vertu de ma fidélité, Je ne saurais t’abandonner (2Thes 3,3). Ouvre-Moi la porte de ton cœur, fais de Moi ton unique Sécurité, et tu seras vraiment gardé-e du Mauvais.

 L’évangile de ce Dimanche, je le répète, n’est pas un texte sur la fin des temps, mais bien une parole d’espérance qui nous invite à construire un monde de justice, de paix, de fraternité et d’amour. Par conséquent, sœurs et frères, je vous invite à ne plus vous appuyer sur Dieu, à ne plus aller à l’église parce que vous avez peur de ce qui se passe autour de vous. Ne vous y rendez plus du fait de votre découragement, vos déceptions, vos frustrations. Mais croyez en Dieu parce qu’Il est notre Père avec qui nous devons toujours être en communion, la seule Sécurité qui ne fait jamais défaut. Allez à l’Eglise parce que vous voulez faire nombre avec ceux qui s’évertuent à la construction d’un monde avec le Christ, un monde meilleur, un monde plus humain et fraternel.

Ici-bas, nous sommes tous des pèlerins, ne l’oubliez pas. Nous sommes en voyage. L’histoire aussi fait son voyage, elle marche vers sa fin. Et la fin d'un voyage détermine sa réalisation. Dieu n’impose jamais le salut ; Il nous laisse libres. Toi, si tu veux aller en enfer, tu peux procéder de la façon accordant avec l'aboutissement de ton voyage. Mais si tu choisis le ciel, tu dois être cohérent avec la Gloire que tu veux atteindre. De toute façon tu es libre. Mais le Seigneur qui ne veut que notre salut (1Timothée 2,4) te conseille de choisir la vie pour que tu vives (Dt 3-,19b). Et si tu entends Sa voix, ne ferme pas ton cœur (Hébreux 3,7-8).