Hymne à La TOUSSAINT
Vêpres I

Tous-les-Saints

Heureux celui qui garde les mains vides,
Et laisse l’or et l’orgueil aux avides :
Un roi grandit dans le pauvre comblé.

Heureux celui qui, face aux violences,
Est lisse tel un roseau sans défense :
Les doux tiendront sur le monde ébranlé.

Heureux celui qui sait le don des larmes,
La grâce amère où la lutte désarme :
C’est l’affligé qui sera consolé.

Heureux celui dont le cœur et la tête
Ont faim et soif de justice parfaite :
Il trouvera sous la vigne le blé.

Heureux celui qui saigne mais pardonne
Et rend le bien pour le mal qu’on lui donne :
Devant son juge il paraît sans trembler.

Heureux celui qu’épargne toute fange,
Du clair regard où se mirent les anges :
Il verra Dieu sans en être aveuglé.

Heureux celui qui sème la concorde,
Les mots de miel dans les bouches qui mordent :
Un arc-en-ciel viendra l’auréoler.

Heureux tous ceux que d’autres jugent dignes
Du vieux mépris dont la croix signe :
Car du Royaume ils possèdent la clé.