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Le Catéchisme de l’Église catholique au numéro 2325 dit clairement que « Le suicide est gravement contraire à la justice, à l’espérance et à la charité. Il est interdit par le cinquième commandement ». « Tu ne commettras pas de meurtre » (Ex 20, 13). Ce commandement vise le respect de la vie humaine dans sa sacramentalité. Et, cette sacramentalité trouve son fondement théologique en Dieu lui-même : « Dieu créa l’homme à son image » (Gn 1, 27).

Le principe moral prône le respect de la vie humaine. Dans cette dynamique, le suicide est réprouvé. Car la vie ne nous appartient pas. Nous ne la fabriquons pas, nous la recevons de Dieu. Chacun doit rendre compte de sa vie devant Dieu. Le suicide est considéré comme contraire à l’amour de Dieu.

Pourtant, il faut tenir compte des causes du suicide. Une personne qui s’est suicidée dans l’intention de servir d’exemple à d’autres doit être jugée plus grave encore que celle qui s’est suicidée à cause des troubles psychiques graves, d’angoisse, de dépression ou de souffrance etc. Dans le deuxième cas, la responsabilité de la personne suicidée est moins scandaleuse.

Du coup, les funérailles ecclésiastiques à donner à ces personnes, depuis la réforme liturgique de Vatican II, ne posent pas d’obstacles si cela n’est pas contraire à la foi chrétienne. L’Église ne refuse pas de prier pour les personnes qui ont attenté à leur vie. Elle les confie à la miséricorde de Dieu, car « On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager, par les voies que Lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance » (CEC, n° 2283).

C’est pour cela que l’Église catholique célèbre les funérailles des personnes qui se sont donné la mort. En accomplissant cet acte, l’Église voit non seulement le primat de la « miséricorde » de Dieu sur la personne suicidée, mais aussi la souffrance des membres de sa famille qui ont besoin d’être accueillis, accompagnés et réconfortés dans la foi et l’espérance.

D’autant plus, « La liturgie des funérailles, et tout ce qui l’entoure, a pour but de recommander à Dieu les défunts, mais encore (et ce n’est pas moins important) d’encourager l’espérance des assistants et développer leur foi au mystère pascal et à la résurrection des morts » (Célébrations des obsèques, Notes doctrinales et pastorales, n° 8. L’Église ne peut pas juger la vie du défunt. Cela revient à Dieu Seul. Par contre, dans les funérailles d’une personne suicidée, il est toujours difficile de montrer la vigueur du mystère pascal dans sa vie. Sa mort n’exprime pas de manière réussie, si j’ose parler ainsi, l’accomplissement du mystère pascal dans sa vie. Dans ce cas, l’homélie des funérailles revêt une grande portée catéchétique qui devrait être basée sur la vie humaine blessée par le péché et surtout sur la miséricorde de Dieu qui dépasse notre réalité humaine et liturgique.

La paroisse ou les personnes qui accueillent les funérailles des personnes suicidées doivent prendre le temps de bien les préparer. Ils ne doivent pas oublier qu’« En apportant la consolation de la foi et le réconfort dont l’Église veut entourer ceux qui sont dans l’épreuve, ils feront attention à venir en aide à ceux qui croient, sans les blesser dans leur tristesse » (Célébrations des obsèques, Notes doctrinales et pastorales, op. cit. n° 8. En tenant compte de ce qu’on appelle « la pastorale du deuil », l’Église ne se lasse pas de montrer sa maternité et d’exercer son ministère de consolation. La célébration des funérailles liturgiques des suicidés doit être fondée sur la foi de l’Église en la miséricorde de Dieu qui veut le salut de tous les humains et sur celle motivée, de la famille.

À cette femme qui venait rencontrer le curé d’Ars pour l’interroger sur le sort de son mari qui s’était suicidé, il disait: « Je vous dis qu’il est sauvé ; qu’il est en purgatoire et qu’il faut prier pour lui. Entre le parapet du pont et l’eau, il a eu le temps de faire un acte de repentir ».

Père Diesel PHAT.
Prêtre du diocèse de Fort-Liberté.
Liturgiste.