☀qui éclaire mon Samedi de la 5e semaine de Carême, Année C.

 Jean 11,45-57

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"Il vaut mieux qu'un seul homme meurt pour le peuple et que l'ensemble de la nation ne périsse pas" (Jn 11,50).

 

Caïphe, à un premier niveau de sens, évoque avec cynisme la mort de Jésus comme une façon d'épargner le peuple.

Mais à un niveau accessible à nous qui sommes croyants, Jean et l'Église lisent cette parole comme une prophétie inconsciente qui prévoit la puissance de salut de la mort de Jésus.

L'ironie johanique conduit Jean à mettre dans la bouche de l'adversaire de Jésus la parole théologique attribuée à Jésus dans Mc 10,45 : *" Le Fils de l'homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude ".*

A l'image du prophète Balaam prophétisant en faveur d'Israël malgré lui (Nb 22-24), le grand prêtre donne mystérieusement valeur de salut à la mort du Christ.

Cette Mort est source de rassemblement des enfants de Dieu dans l'Église. Ainsi, l'Église est établie comme nouveau Peuple de Dieu et épouse du Christ.

L'Église n'est pas un peuple au sens habituel du mot peuple, c'est-à-dire qu'elle n'est pas une communauté unie par une descendance, une histoire et une culture commune. Elle n'est pas non plus le produit d'un peuple. Elle ne naît pas des efforts d'un groupe social ou d'une classe déterminée.

L'Église est le peuple de Dieu c'est-à-dire le peuple que Dieu a choisi et appelé parmi les nations, son peuple particulier avec lequel il a conclu une alliance dans le sang de son Christ. Elle est un peuple universel, un peuple issu de tous les peuples, de toutes les races et de toutes les les classes. Elle est aussi un peuple saint. On est incorporé à elle par la foi et par le Baptême qui est le sacrement de la foi et de la naissance à une vie nouvelle.

Désormais, il n'y a ni juifs ni grecs, il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme ni femme, car nous tous nous ne faisons qu'un dans le Christ Jésus (Ga 3,28).

Dans l'Église s'accomplit la promesse faite à Abraham, selon laquelle toutes les nations seront bénies.

Que le Seigneur nous rassemble tous en seul corps, l'Église, pour que nous puissions goûter des ici-bas les fruits de son salut. Amen ! 

 

Père Sainlus François 

Diocèse de Hinche,  Haïti