Eclatons en chants et dansons de joie!

Gaudete

Telle est l’attitude que le 3ème Dimanche de l’Avent nous invite à prendre avec le peuple d’Israël. C’est concrètement le fin fil d’or dont est traversée la tapisserie de la liturgie de ce dimanche. Il apporte un discret éclat dans la nuit de notre vie. « Ma joie est toute en Yahvé, entonne Israël, mon Dieu m’a mis l’âme en fête ! Il m’a revêtue d’une robe : son salut, et d’un manteau qui est sa justice, tout comme un époux se coiffe de sa couronne, comme la fiancée se met ses bijoux. (1ère lecture) « Mon âme exalte le Seigneur, chante Notre-Dame, mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur » (Cantique du Magnificat. « Soyez toujours joyeux… », nous invite saint Paul dès le début de la 2ème lecture. Mais, qu’est-ce qui apporte cette joie ? D’où vient-elle ?

Dans le 4ème Evangile (3,29), saint Jean-Baptiste nous en donne l’origine, non pas dans la possession de ce qu'il souhaitait, mais dans son désir qui se porte sur la venue de l'Epoux : « l’ami de l’époux se tient près de lui et fait ce qu’il lui dit. Toute sa joie est d’entendre sa voix. Voilà pourquoi je suis pleinement heureux ». Donc, le secret de cette joie est d’écouter la voix de Dieu, d’être avec l’Emmanuel : Dieu-avec-nous. Et si dès le 3ème dimanche de l’Avent nous sommes invités à exulter de la joie que la Nativité de Notre Seigneur nous apportera, c’est parce que déjà la préparation de la venue du Christ dans nos cœurs par la prière et dans nos relations avec les autres est elle-même porteuse de joie. Et où se trouve le secret de cette joie ?

Le secret de cette joie se trouve dans la prière : « Soyez toujours joyeux, nous exhorte saint Paul, et ne vous lassez pas de prier ». Ce secret se trouve également dans la découverte du Christ dans nos vies : la Lumière du monde qui éclaire nos situations les plus sombres : «  Rendez grâces pour tout : c’est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus », continue-t-il (2ème lecture). Oui, dans toutes nos situations, à travers tous nos bonheurs comme nos malheurs, le Christ est présent ; il est fidèle, il nous accompagne sans jamais nous abandonner. Il arrive dès fois où nous le cherchions là où il n’est pas. Nous le cherchons aussi dans le succès, dans la santé, la réussite professionnelle, l’amitié ou le bonheur de vivre ; il y est bien sûr ! Heureusement ! Il est là ! Mais, nous devrions savoir que nous ne pourrons pas accueillir la joie de Noël sans passer par une certaine expérience de pauvreté et même de renoncement, à la suite de Jean-Baptiste. À Bethléem, souvenons-nous, Dieu arrive comme un pauvre : il nous faut un cœur d'enfant pour nous réjouir avec Marie, Joseph et les bergers. Dans le quotidien de nos jours il n’y a que des heures heureuses. Il y a la maladie, l’échec familial, la pauvreté. Mais Dieu ne nous abandonne pas pourtant. Même au sein des épreuves, nous pouvons accueillir la joie parfaite et la paix puisque Dieu est là et que, comme dit saint Paul (Rm 8,35-39), rien de tout cela ne peut nous séparer de son amour.

Le Seigneur vient ; c’est une excellente Nouvelle qui met nos cœurs en joie. Mais pour l’accueillir, nous avons besoin de faire quelque chose. Quelque chose de radical. Et ce dont nous avons obligatoirement besoin pour qu’il puisse venir chez nous et y demeurer, c’est d’une bonne et effective préparation du cœur. Il faut soigner nos relations avec nos prochains. C’est de cela que Jean-Baptiste, et avant lui Isaïe, nous a parlé quand dimanche dernier où il nous invitait à redresser nos chemins, éliminer tout ce qui est tordu en nous. En réalité, chacun de nous a quelque chose en nous qui n’est pas de Dieu et avec quoi nous devons divorcer. Oui, nous avons tous à nous convertir, éradiquer de notre vie tout ce qui est orgueil, paroles blessantes, accusations injustes, médisance, rancœurs, jalousie, calomnie...

Nous vivons dans un monde qui souffre de la violence, de l’individualisme, de l'injustice, de l’indifférence, de l'égoïsme, de l’intolérance, du rejet des autres... Et pourtant Dieu l’a tellement aimé qu’il lui a envoyé son Fils unique qui se tient à jamais au milieu de nous; même si le monde l’ignore et veut plus y croire… Pendant ce temps de l’Avent, apprenons à le découvrir, accueillons-le et tâchons-nous de l’apporter à ce même monde afin que, l’ayant connu et accueilli, les hommes deviennent enfants de Dieu et, par conséquent, aient la vie que le Christ est venu apporter.

Bonne préparation !