Invitation pour le 2ème dimanche de l’Avent, B

Jean-Baptiste

Nous nous préparons à célébrer la Noël ; et cela, dans 15 jours. Autrement dit, nous nous apprêtons à recevoir Celui qui se donne à nous. A cet effet, il convient de nous préparer. Mais puisqu'il s'agit plus qu’une simple visite, nous devons nous préparer convenablement. Si pour les visites humaines, les préparations sont ordinairement d’ordre extérieur, aujourd’hui la liturgie de la Parole nous invite à une préparation beaucoup plus importante, celle de l’intérieur : la préparation essentielle. C’est en sens qu’Isaïe nous invite à prendre conscience du besoin «d’aplanir le chemin, de combler les ravins, de redresser les passages tortueux» (1ère lecture). Quant à Pierre (2ème lecture) et Jean-Baptiste (l’évangile), ils parlent de « conversion du cœur » ; et c’est très important. Donc,  il s’agit d’embellir la maison de notre être dont le cœur est le centre pour bien accueillir le Seigneur qui scrute les cœurs et les reins, qui nous connait mieux que nous-mêmes et qui veut demeurer en ce même coeur.

Regardons bien : la citation prophétique qui ouvre le passage évangélique de ce dimanche, et qui est comme une reprise d’Isaïe, parle d’un « chemin ». Mais quel est ce chemin ? Dans la Bible, le chemin est une image. Il exprime la vie de l’homme. Notre vie, la tienne comme la mienne : la vie de chacun de nous. Elle est un sentier qui conduit vers Dieu. Il s'agit d'ouvrir la voie pour que Dieu puisse passer. Mais, il faut le dire, c’est un sentier que je trace moi-même, que tu traces toi-même au fur et à mesure. Voilà pourquoi, sans s’en rendre compte, on peut dévier imperceptiblement de sa trajectoire. Il peut arriver à tout un chacun de penser marcher en ligne droite, alors qu’on est en train de s’y détourner. Donc, au lieu d’aller vers la rencontre joyeuse et éternelle avec Dieu, qui seul peut combler notre soif de bonheur, on peut se diriger vers le vide de l’égoïsme et du péché.

Mais le Seigneur, dans sa fidélité, ne nous abandonne jamais (2Tm 2,13). C’est justement dans les situations les plus désespérées qu’il nous envoie un prophète, un autre Isaïe pour nous rappeler sa tendresse et sa miséricorde : « Consolez, consolez mon peuple, dit Yahvé votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem, criez-lui ce message : son esclavage a pris fin, sa dette est payée, Yahvé lui a rendu au double pour toutes ses fautes. » (1ère lecture) ; il nous envoie un autre Jean-Baptiste qui nous invite à prendre conscience de notre besoin de conversion, du retour à Dieu, pour aller à sa rencontre, lui qui vient à nous (l’Evangile).

Sœurs et frères, la venue du Seigneur se prépare d’abord en nous. Puisque c’est ainsi, cherchons à enlever de nos vies tout ce qui n’est pas de Dieu. En ce qui concerne nos rapports avec nos frères, ne jetons plus le bébé avec l’eau sale : apprenons à pardonner effectivement ceux qui nous ont offensés comme Dieu ne cesse de le faire à notre égard. Ne jugeons plus, ne condamnons plus les autres quelques mauvaises que soient leurs actions. Car en les rejetant, nous rejetterions aussi Dieu qui est en eux (Cf. l’évangile du Christ-Roi A). Quittons nos robes de péché, déchirons les voiles de mensonge qui assombrissent nos jours. Divorçons avec les idoles sous toutes leurs formes qui en nous font écran à Dieu. Apprenons-nous à partager avec les plus démunis et recevoir avant Noël le sacrement de réconciliation. Faisons nôtre ce très beau chant de Noel Colombier :

Le Seigneur vient (2) : Préparez-Lui le chemin !

1.- Abaissez les collines et comblez les ravins.

Déplacez les rochers qui ferment vos chemins.

2.-Toi qui as deux manteaux, toi qui es fortuné,

Voici venu le temps d'apprendre à partager.

3.-Vous qui avez des armes, soldats et policiers,

Voici venu le temps de rétablir la paix.

4.-Toi qui as le savoir, toi qui es diplômé

C'est pour servir les autres et non les dominer

5.-Spécialistes orgueilleux, vedettes à succès

Vous êtes un arbre mort qui va être coupé

6.-Quittez votre péché, il faut vous convertir.

Il faut changer vos cœurs : le Seigneur va venir.

 

  Ainsi, le cœur humble, léger, teinté d’amour, nous pourrons rencontrer « Celui qui vient faire toutes choses nouvelles », Celui dont « la gloire se révèlera », Celui qui nous façonne « un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice ». Mais plus que ça, devenons aussi, en ce temps d’Avent, des « Jean-Baptiste », des précurseurs qui savent indiquer aux égarés Jésus-Christ qui est le Chemin en les proposant la joie de son expérience intime, de le désigner sans retenir à nous car « Il faut que Lui grandisse, et que nous nous diminuons ».

L’Avent est un temps d’attente, de préparation, de conversion. Il s’agit de tourner le dos au passé et de miser sur le présent et sur l’avenir, de changer la vision que nous avons de nous-mêmes afin de devenir meilleurs. C’est une affaire de cœur. C’est une invitation à «préparer les chemins du Seigneur». C’est ce que veut nous montrer nous Marc. Il commence son évangile avec le même mot qui commence toute la Bible « Commencement » ; c’est pour nous montrer qu’en Jésus-Christ, Dieu prend un nouveau départ ; il lance une nouvelle création. Bref, on est toujours dans l’aujourd’hui de Dieu. C’est l’objet même du temps de l’Avent  qui nous offre chaque année une chance de repartir à zéro, une occasion de ranimer en nous la flamme de l’espérance.

Cette espérance,  nous avons pour mission de la témoigner dans le monde, dans tous les secteurs de notre vie. Mais pour ce faire, il faut que nous nous effacions devant le Christ pour lui céder la première place qui est sienne, comme Jean l’avait dit et fait. Car il n'est pas possible de l'annoncer si nous ne l'accueillons pas en nous : on ne donne pas ce qu’on n’a pas.

 

Prions :

Seigneur, donne-moi la grâce de saisir la perche que tu me tends, donne-moi la grâce de revenir vers toi ! Et une fois sur le bon chemin, veille sur moi, ne permets pas que je m’égare de nouveau. Amen !