Pour le pays et pour nos Pères, formons des fils libres et prospères.

Education

  

INTRODUCTION:

 

L’éducation est conservatrice de vie et génératrice d’horizons. C’est en cela qu’ont cru tous ceux qui n’avaient pas peur de braver des sentiers de sacrifices, des chemins de croix et de sang parce qu’ils s’étaient persuadés qu’ils allaient déboucher sur une avenue de gloire. Je veux parler de nos illustres Aïeux qui nous ont conquis l’indépendance et de qui nous gardons le souvenir impérissable... Ils ont également réfléchi en profondeur sur la fugacité de notre pérégrination sur la terre qui ne trouverait son sens que dans les idées-forces qui, quant à elles, nous permettraient de survivre et de prolonger notre action. Voilà pourquoi, au matin de l’indépendance, alors que l’arme est encore à la main, ils ont déjà pensé à ouvrir des écoles pour leurs enfants, ils s’étaient persuadés que la connaissance reste et demeure l’accompagnatrice exacte de la liberté et qu’une science consciente, une conscience éclairée reste la garantie, le véritable gage de la souveraineté et la prospérité nationales. Cette pensée ne doit absolument rien perdre de sa justesse. Elle doit garder sa vigueur. Et en réalité, elle reste encore ce parfum exquis que tout Haïtien semble sentir pour une première fois et aimerait porter sur lui toute sa vie. Oui nous avons la ferme certitude ; car aujourd’hui encore, tous, nous n’aspirons qu’à une communauté qui sort effectivement de ses insuffisances. Nous désirons tous une nation, où pour elle et pour ses Pères, les fils sont formés dans un esprit de liberté et de prospérité. Quel itinéraire alors à épouser ?

 

PLAN DU TRAVAIL

 

  1. Place de l’éducation dans la vie de l’homme
  2. Succinct regard sur la réalité haïtienne
  3. Profil de l’homme libre, patriotique et prospère
  4. Nécessité d’une éducation adéquate

 

1.      Place de l’éducation dans la vie de l’homme

          L’expérience de la vie humaine nous enseigne que : « de même que le corps a besoin de la nourriture matérielle pour se tenir, de même que l’âme a besoin de nourriture spirituelle pour pouvoir se reposer vraiment ; de même, l’intelligence humaine a besoin de l’éducation pour que l’homme puisse se réaliser. Car, vient du latin educatio qui, lui-même est dérivé de ex (= hors de) et ducere (= conduire, guider, commander), on entend par éducation, la mise en œuvre des propres moyens de manière à assurer la fondation et le développement d’un être humain. Elle constitue en réalité un élément important du développement intégral de la personne humaine ; car c’est par l’éducation qu’on peut arriver à façonner l’homme. Elle est le moyen par lequel l’homme peut arriver à réussir dans la vie et à réussir sa vie. Base de toute société, elle est, disait naguère Emmanuel Kant, ce qui permet à l’homme de passer de l’état brut à celui d’humain.

 

 2. Succinct regard sur la réalité haïtienne

               Nous sommes de toute évidence un petit peuple d’ascendance africaine en général et de Guinéens, de congolais… en particulier ; des gens paisibles et charmants, expatriés en Amérique (à saint Domingue)  par des infâmes négriers, assujettis à la servitude… mais au matin du 19ème siècle, le destin a voulu qu’en union fraternelle, nous brisâmes le joug colonial pour nous métamorphoser en nation libre et indépendante. Des années passent. Voilà qu’au fil des ans, des gestes arbitraires s’imposent jusqu’à pénétrer avec un danger de plus en plus évident dans nos comportements et nos politiques. Leurs influences s’expriment non seulement par l’amertume, l’envie… mais également par un manque de culture, de conscience patriotique et de liberté, un manque d’esprit d’équipe et de prospérité, un manque de confiance, par l’augmentation de la densité de notre population entrainant derrière elle son cortège d’altercations (et ceci de toutes formes), d’interrelations conflictuelles, de discussions byzantines, de querelles intestines, de violence…

L’insécurité qui s’est installée en Haïti avec une fréquence beaucoup plus élevée depuis près de trois décennies, de même que la violence qui la nourrit quotidiennement, constitue un aboutissement logique de nos comportements antipatriotiques, anti-démocratiques voire  inhumains exprimés par-dessus tout dans les mépris et la haine des uns envers les autres, dans la corruption, dans des abus de confiance et l’insouciance administrative, dans le port illégal d’armes à feu, dans des enrichissements illicites, dans la complicité d’un grand nombre contre les intérêts vitaux du pays, dans l’impunité, dans la lâcheté et l’irresponsabilité quasi généralisée résultant tous du manque d’éducation. Et l’une de nos plus tristes constatations, c’est que ces situations s’aggravent et se détériorent de plus en plus. Toutefois, nous allons nous servir de simples hypothèses pourtant évidentes, toutes banales qu’elles soient, mais jugées aptes à démontrer qu’il est une nécessite de première urgence de repenser notre éducation afin que, pour le pays et pour nos Pères, nos enfants soient formés libres et prospères.

 

 3.  Profil de l’homme libre, patriotique et prospère

         L’érection d’une nation après la destruction d’une société aussi anti-démocratique telle que la société colonialiste-esclavagiste imposée par les puissances européennes en Haïti ne pouvait être opérée que dans une logique d’une radicalisation à une autre. Car, plus les espaces de liberté sont réduits, plus les inégalités sociales, économiques, géographiques et politiques sont fortes ; et plus les frustrations, les violations et les oppressions sont denses, plus l’esprit patriotique s’écarte et, par le fait même, la prospérité reste au stade du rêve. Nos Ancêtres l’ont fort bien compris ; est-ce pourquoi ils ont dû prendre des mesures foncièrement draconiennes. Liberté, patriotisme et prospérité sont les principaux fondements de tout Etat souverain. Il est donc clair que savoir les maintenir est la véritable dette que, tous, nous devons à nos Pères.

        On pourrait tout d’abord penser que la liberté est l’absence de toute contrainte, la possibilité de faire ce qu’on veut ; comme on veut, quand on veut. Quelque vrai que cela puisse paraitre, cette définition est en réalité très inappropriée. Car ici, ce n’est donc pas la liberté, il s’agit du libertinage. Etre libre ne peut consister pour l’homme à se contenter à suivre ses instincts, ses impulsions ou ses désirs. La liberté n’est pas comportement capricieux, irréfléchi et, pour tout dire, irresponsable. Etre libre c’est le fait pour l’homme d’agir en être de raison. C’est le fait pour lui de faire des choix réalistes, conséquents et responsables dans les situations concrètes de la vie.

Seul l’homme libre et éduqué peut, vraiment pour son pays et pour ses Pères, être prospère. Car il est quelqu’un qui s’engage pour un authentique progrès humain et communautaire ; il est un homme courageux, patient, animé par le souci d’aider ses compatriotes à sortir de leur souffrance de toute sorte, voire leur torpeur. Dans un monde en dégradation où il y a des germes de mort de toute sorte, il reste un homme équilibré, c’est-à-dire un homme capable d’aider à ses frères à prendre en main leur destinée.

L’Haïtien vraiment prospère est quelqu’un d’intégral et d’intègre, quelqu’un de dialogue. Il est quelqu’un de dévoué, cohérent, convaincu et convaincant ; il est quelqu’un qui est rationnel, quelqu’un qui est capable de comprendre les autres. Il est en fin de compte un promoteur, un leader, c’est-à-dire quelqu’un qui, par son comportement, dans sa façon de faire les choses, de comprendre les autres, par sa façon d’agir, œuvre vraiment de manière à ce que son pays, sa chère Haïti, reste le « Krizokal » des Antilles, mais qu’elle redevienne « la Perle des Antilles » ; et pourquoi pas le Joyau du monde ?

Education

 4.      Nécessité d’une éducation adéquate

         En dépit de sa noble vision qu’est le développement intégral de la personne humaine, l’éducation ne doit pas penser à se limiter à l'instruction stricto sensu qui serait relative seulement au pur savoir et savoir-faire. Elle ne doit pas envisager à octroyer à l’enfant une tête bien pleine, pour reprendre l’expression de Rabelais ; elle doit au contraire l’accompagner de manière à ce qu’il devienne en mesure de se débrouiller dans le contexte social et technique qui sera le sien. Elle doit, à tout prix, œuvrer de manière à assurer à chaque individu le développement de toutes ses capacités (physiques, intellectuelles et morales). Mis à part ses objectifs particuliers,  l'éducation, droit garanti par les États, ne doit en aucun cas se passer des objectifs suivants :

  • Favoriser l'épanouissement de la personnalité de l'enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités ;
  • Inculquer à l'enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays dont il est originaire et des civilisations différentes de la sienne ;
  • Inculquer à l'enfant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales…
  • Préparer l'enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d'égalité entre les sexes et d'amitié entre tous les peuples et groupes ethniques, nationaux et religieux, et avec les personnes d'origine autochtone… ainsi, l’élève serait à même d'affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable dans la société dans laquelle il évolue ; tout ceci, pour l’amour de son pays et celui de ses Pères.

 

 

CONCLUSION:

          Le monde d’aujourd’hui en général et la société haïtienne en particulier sont en train de faire face à une crise des valeurs sur toutes les formes. Oui, nous sommes en panne de valeurs : les téléphones portables remplacent les cahiers de notes et les livres ; les clubs font écran aux bibliothèques ; les boites de nuits remplacent les lieux de travail en groupe ; les sites pornographiques remplacent la documentation… ce qui débouche certainement sur une ruine totale. Nos citoyens deviennent de plus en plus irresponsables ; partout, c’est la délinquance. Et si ça tient, on peut s’assurer que l’avenir de notre aimé pays débouchera sur des réalités que l’on ose à peine imaginer, pires que ce que nos sociétés sont en train de vivre. Et face à cette situation scabreuse, l’éducation se révèle comme seule pouvant aider de s’en remédier. Seule l’éducation, de par sa vocation, peut permettre de toucher et redorer le blason de nos valeurs, de la culture : lieu privilégié. L’éducation détient en effet une place prépondérante dans la vie de l’homme. À cet effet, il ne peut s’en passer. Car c’est par elle qu’il arrivera à affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable dans la société dans laquelle il évolue. Pour l’amour du pays et de nos Pères qui nous l’ont légué en héritage, formons ses fils, aidons-les à cultiver l’esprit de liberté et de la prospérité : condition sine qua non pour que notre chère Haïti puisse vraiment renaitre de ses cendres.

 

REPERES BIBLIOGRAPHIQUES

  1. CHARON François, Le savoir-être, Fleurus, Montréal, 2009.
  2. GERMEIL Castel, Politique et culture à l’haïtienne, l’Imprimeur, Port-au-Prince, 2007.
  3. JEAN-FRANÇOIS Périclès, Manuel d’introduction à la philosophie, CRA, 2007.
  4. LOUIS Join-Lambert, Elèves aujourd’hui, citoyens demain, PUF, Paris, 1995.
  5. NEILL Alexander, Journal d'un instituteur de campagne, Payot et Rivages, Paris, 1975.
  6. VERNEAUX Roger, textes des grands philosophes modernes, Beauchesne, Paris, 1964

 

 

100E8507

Kesnel Fénélus

2ème année en Administration scolaire

Mardi 06 Août 2013